Lannemezan | 2021-10-01

UN HABITAT INCLUSIF AU CENTRE-VILLE

Le destin de la Maison Pouy scellé
La Maison Pouy, abandonnée depuis plusieurs années, ne sera bientôt plus qu’un souvenir pour les Lannemezanais. Elle va être rasée pour laisser place à un ensemble immobilier abritant un habitat inclusif. L’avenir de la Maison Pouy, propriété communale, est désormais officiellement tracé: cette « friche », selon les mots de Bernard Piano, laissera place à un ensemble immobilier entièrement neuf dont le maire de Lannemezan vient de signer le permis de construire. Le porteur du projet, le groupement solidaire Homnia, a convaincu l’élu avec un projet bien ficelé d’habitat inclusif.
Dans moins de deux ans, sur cette parcelle de presque 2000 m2 située rue Alsace Lorraine, un lieu innovant verra ainsi le jour, un logement différent dont la chargée de communication de la société Homnia parle avec passion. « Au rez-de-chaussée, on trouvera deux logements à loyer modéré, dont un qui est notre colocation regroupant six personnes en situation de handicap. Au premier étage, il y aura huit logements à loyer modéré également : six T2, un T3 et un T4 », précise ainsi Maïté Bordes.
Cette offre de colocation à laquelle elle fait référence s’adresse en effet à un public adulte en situation de handicap et en recherche de projet de vie individuel ou collectif. Ici, les colocataires partagent les espaces de vie mais pas seulement. Les services d’aide au sein de ce logement appelé le « Club des six » sont mutualisés : les colocataires sont entourés d’aidants 24h/24 et 7)17. Une alternative au domicile familial ou au foyer d’accueil, qui existe déjà dans plusieurs villes de France et notamment à Lourdes depuis peu, née d’une histoire personnelle et familiale.
• « DES PETITS MIRACLES »
En 2013, la soeur jumelle de Maïté Bordes, Maïlys Cantzler, créée Homnia pour apporter une solution d’hébergement adaptée aux besoins et aux envies de leur petite soeur Sabrina, cérébrolésée depuis un accident de la route dix ans auparavant. « On a commencé à noter, mes frères et soeurs et moi, qu’elle ne se sentait pas très heureuse de vivre avec des personnes âgées, en l’occurrence nos parents. Elle a exprimé l’envie d’être entendue pour ses choix. Elle nous a décrit un lieu où elle serait chez elle, avec d’autres personnes qui, comme elle, seraient freinées par des incapacités et seraient entourées. Comme d’autres adultes en situation de handicap, elle ne peut pas être seule, sinon elle est en danger », situe Maïté Bordes.
De ce constat naît le premier habitat inclusif à La Croix-Valmer, dans lequel
vit toujours Sabrina. Aujourd’hui, ce projet d’abord familial s’est développé et plusieurs villas ont été créées partout en France, après un premier retour engageant : « Des petits miracles se sont produits, liés aux équipes qui accompagnent nos colocataires et qui trouvent un sens dans leur travail, mais aussi grâce à un véritable altruisme qui se développe entre colocataires. »
• UNE PROXIMITÉ AVEC LES COMMERCES
A Lannemezan, la société Homnia a trouvé un emplacement de choix pour faire naître ici aussi des « petits miracles ». « La Maison Pouy a été choisie d’abord pour sa proximité avec les commerces du centre-ville », précise à ce sujet la chargée de communication.
« C’est le critère n°l car il s’agit d’un projet d’inclusion dans la Cité. Il faut que les colocataires vivent une vie la plus ordinaire possible. »
Des mots qui ont trouvé écho chez Bernard Piano, immédiatement séduit par ce projet qui, dit-il, « rend socialement un service énorme » et s’inscrit dans une politique appuyée d’action sociale. Impliqué, le maire de Lannemezan a par ailleurs mis sa patte dans le projet: « J’avais un projet, un rêve presque, d’offrir un Club des As aux personnes isolées. Un lieu ouvert de 9h à 19h, tous les jours, pour se retrouver au tour d’un café, d’un journal, d’un jeu de carte ou d’une émission de télévision. Un lieu douillet, confortable. C’est dans cette optique que j’ai réservé dans cet établissement une surface de 180 m2 environ que la municipalité aménagera pour ce Club des As ». A n’en pas douter, l’élu se projette sans difficulté sur ce lieu novateur dont la première phase des travaux de démolition devrait démarrer d’ici la fin de l’année pour s’achever en 2022.

LA SEMAINE DES PYRENEES – 1er octobre 2020

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