2021-10-01

Vieillesse : le bel avenir des colocations Âges et Vie

Alors que la crise sanitaire a dissuadé nombre de seniors d’intégrer des résidences autonomie, le concept de colocations créé en 2008 par un trio de Bisontins conquiert l’Hexagone. Avec des chambres de plain-pied donnant accès à un jardin où chacun est chez soi et dorloté 24/24h, il devrait s’en construire 300 en France d’ici 2024.
Je m’étais toujours dit que je finirais ma vie en maison de retraite.
Mais je ne pensais pas que ce serait aussi bien ! », lance Monique Petitjean qui vient de fêter ses 90 printemps. Trônant dans son fauteuil, entre sa bibliothèque, son frigo et sa télé, avec vue sur le jardin, elle est l’une des quatorze résidents de la colocation Âges et Vie de Beure (Doubs).
Né en 2008 à Besançon, ce concept de résidence autonomie, qui compte actuellement une soixantaine de sites – la plupart en Franche-Comté – devrait en voir éclore autant cette année dans toute la France. Et quelque 300 d’ici trois ans où 4 800 chambres devraient alors être proposées aux personnes âgées, pour 2 000 emplois de responsables et auxiliaires de vie créés. « Ici ? J’ai tout !», poursuit Monique.
« J’ai eu 6 enfants, 33 petits et arrière-petits enfants, et mon rêve a toujours été de ne rien faire. Alors je m’occupe de moi maintenant et on s’occupe de moi ! »
Les chambres individuelles, de 30 m2 minimum, dotée d’une salle de bains et dont les résidents ont la clé, bordent un vaste espace salon-cuisine-salle à manger de 80 m2, avec baise vitrée donnant sur la terrasse. C’est ici que se prennent les petits-déjeuners, déjeuners et dîners en commun et que s’élaborent les repas (auxquels les résidents mettent la main à la pâte – ou pas, comme Monique qui, après avoir été « chef de tribu » comme elle se présente, met un point d’honneur à « ne plus rien faire »). Ici aussi que l’on se croise, que l’on papote, que l’on participe à des animations…
« Des endroits comme ici, il n’y en a pas deux, comme dit la chanson »
Emblématique des résidences Âges et Vie, celle de Beure, ouverte en septembre 2020, s’étend au pied d’une colline verdoyante. Bercée de part et d’autre par le gazouillis d’un ruisseau, elle comporte en tout deux colocations de sept logements et un salon chacune. Le tout de plain-pied avec accès direct au jardin, les deux appartements en étage étant ceux de la responsable et de son adjointe qui peuvent ainsi assurer les permanences de nuit.
« Je suis arrivée à l’ouverture de la maison en septembre dernier et ce sont mes enfants qui se sont occupés de tout », explique Monique. « C’est un de mes gendres qui a dégoté cette adresse et je lui en suis reconnaissant parce que des endroits comme ici, il n’y en a pas deux, comme dit la chanson. Et mes enfants sont formidables, ils me visitent sans arrêt ! » Quant aux rapports avec les autres colocataires ? « Chacun a son caractère, il faut s’y faire, mais on s’entend très bien », confie Monique qui n’a pas la langue dans sa poche et dont les DVD des films d’Audiard et Gabin trônent dans la bibliothèque. « Non franchement, c’est plus que bien. Encore mieux que je ne le pensais ! Mais je ne vous ai rien offert : du champagne, une bière, un jus de fruit ? »

L’EST REPUBLICAIN – 9 juin 2021

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